Fondements de la Pratique

C'est à la croisée des paradigmes évoqués précédemment que je peux reconnaître mon expérience d'Etre, et proposer, comme voie de sortie de la souffrance, voie d'épanouissement et de réalisation, un accompagnement basé sur l'apprentissage, la cultivation, et l'invitation à la

 

Présence

définie ici comme la qualité de réalisation de la nature profonde de l'être humain, 

 en tant qu' incarnation de la Conscience 

 

au coeur de nos vies.

 

Il s'offre en effet à mon expérience que c'est le refus, le rejet, l'évitement, l'absence devant l'expérience à vivre, l'ajustement nécessaire (impliquant deconstruction-construction),  qui organise notre souffrance et cristallise l'énergie en forme de défense égotique, mécanisme relationnel dysfonctionnant, en "personnalité", coupée de sa pleine potentialité, de sa profondeur, sa vasteté.

 

c'est ainsi par l'accueil incontournable de ce qui Est,

un OUI profondément, à TOUT ce qui se manifeste, 

et à l'éphémérité de toute manifestation 

 

dans le monde visible et invisible, en totale adhésion consciente,

et dans la traversée de ce que ce OUI nous fait vivre en nous mêmes, de ce qu'il nous pousse à vivre dans le monde,

que nous pouvons nous détacher et transmuter les mémoires et atavismes qui nous accablent.

Sortir des impasses, faire face, créer, vivre libres et reliés par le coeur de notre humanité, dans le bon, le vrai, le beau.

 

Cette pleine Présence, corollaire de OUi inconditionnel, de l'expérience directe, instantanée, de reliance de l’individu à lui même, à l'autre, à l'univers, toutes ses dimensions en Un, est atteignable comme il est enseigné depuis des millénaires par la 

 

simple (au sens épurée) observation authentique de SOI,

dans l'accueil d'un cœur bienveillant, contemplatif

avec amour, courage, sans jugement, et sans complaisance.

 

Une fois (re)vécue, cette perception de plénitude, de retrouvailles avec soi,  offre un renversement de représentation du réel, qui, si l'on ose s'y abandonner (par la foi, ou comme nous y serons invités par la VIe, radicalement, ou progressivement selon chacun) nous ouvre à un au delà d' "avoir conscience de"  (qui est une étape, un premier éveil) elle nous ouvre à être

 

 Conscience

 Là... le Un, le silence, le "Je suis"

 

Depuis là, détendu de toutes nos contractions égotiques, c'est un tout autre tableau que nous voyons se jouer au travers de nos vies;  nous ne pouvons plus en faire le même récit, plus jouer la même partition...le changement advient. Cette expérience nous  plonge dans le silence, l'Ouvert, de ce que nous appelons aussi Amour. 

 

Le travail sur soi est alors celui d'un véritable dépouillement, une mise à nue vers l'établissement en vérité de qui nous sommes, Cela qui nous dépasse, nous transcende, ET nous constitue. Mise à nue pour nous révéler à nous même et suivre la courbe naturelle de notre épanouissement dans un ajustement permanent au monde, dans la 

 

 Relation

 

La RELATION, maître mot de la pratique, est l'espace, l'entre deux, qui nous est offert, à nous humains, animal social et divin, pour peu à peu opérer cette dés-identification de nos couches de personnalité, de nos réactions égotiques qui nous séparent de nous mêmes, du monde. Elle opère à travers le chaos de la Vie dont elle est le théâtre, au gré de la friction de nos personnalités en maintes situations. Il est "juste" à ....s'y tenir.

 

Tout comme les effractions de Clarté, d'Amour et de Joie jalonnent notre vie, nos épreuves d'où sourdent au milieu des peines, des instants de Grâce, nous guident qu'on le veuille ou non, au final, vers l'Ouvert, le mode à la fois augmenté et sous jacent de notre être, toujours plus conscient, aimant, serein... vaste. Aussi improbable que cela puisse paraître au vu des vicissitudes de l'existence, des tourments qui durent et destins aux résonances parfois dramatiques. On peut en effet emboîter le pas, ou résister. ET on ne le choisit pas vraiment.

 

Peu à peu, ces qualités de fond de notre Etre (conscient, aimant, serein..) se révèlent ainsi sous la peinture plus ou moins grossière de nos vies, comme un fond de tableau blanc, lorsque                           

contemplant, méditant,

nous laissant toucher et intégrant l'expérience

 

nous ne nous méprenons plus quant à qui nous sommes vraiment, notre ontologie, lorsque nous commençons à adhérer avec tendresse compassionnelle à ces processus d'attachement, répulsion, de vide et de plein, de naissance et de mort qui se jouent à travers nous et par nous à chaque instant, sans nous laisser définir par eux mêmes pour autant.  

 

Ces processus alternatifs peuvent en effet nous paraître flagrants rapidement, comme cela peut prendre une vie, des vies...de déni, d'opposition, de négociation, de peur, de résignation,

 

toutes les étapes du deuil..

 

Deuil d'une identité immuable intrinsèque, d'un idéal éthéré, avant de pouvoir accepter... de lâcher prise, et nous en remettre humblement à cet au delà de notre personne qui régit nos vies tout en nous donnant la responsabilité de la conduire:  chacun pourra s'essayer à le nommer selon son expérience et son affinité, Conscience, Energie spirituelle, Divin, Intelligence cosmique ..Mystère de la Création.

 

 

Pétrir la pâte, éplucher les couches de l'être, ensemble

 

La relation consciente engagée, socle de ma pratique en thérapie, se trouve ainsi l'écrin privilégié d'un dépassement de soi, par la reconnaissance et l'intégration d'un moi pleinement réalisé et pleinement accueilli. Bien abouti, bien là dans nos bottes, ayant nourri nos besoins fondamentaux, cette instance psychique du moi, ce niveau d'énergie, de conscience, d'information, auquel nous sommes identifiés jusque là, perd de sa prégnance, ses contours limitants, et laisse place aux aspirations naturelles meta de l'Etre-conscience évolutionnaire que nous sommes:  manifester une plus profonde, plus vaste nature, par de plus subtiles qualités de Présence humaine.

 

Ne nous faisons pas d'illusion, il s'agit dans ce deuxième temps, d'apprendre encore à mourir à ses représentations, s'affranchir de ses croyances limitantes, souvent celles de sa culture, son époque, de mourir...à "soi même".

Chaque "passage", mutation de l'être à un autre niveau de conscience par son intégration de l'experience, est un déchirement. Il vient nous obliger à "creuser en nous" pour toucher la confiance de fond: c'est à dire s'abandonner à la foi en la VIE qui nous traverse.

 

Ce processus de mutation, mort - renaissance, est naturel et s'applique à toute la manifestation: une pensée, une amibe, un individu mais aussi un collectif, une structure, un système, une civilisation...une planète etc.  Il semble se faire à chaque étape en temps et rythme juste pour chacun, dans une totale interconnexion de toutes choses. 

 

Nous thérapeutes, ne faisons que de notre mieux pour faciliter le passage, dissiper les voiles en invitant la clarté de la vision, offrir au candidat au passage, un espace privilégié de confiance et d'amour, un appui pour la mutation, la confrontation aux résistances, la traversée des peurs, dans l'authenticité, et la Joie profonde.